Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 9.djvu/382

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« Veuillez aussi être convaincu que le souvenir de l’homme distingué de qui je tiens ce précieux cadeau, me sera toujours bien cher.

« Signé : Boyer. »

» Port-au-Prince, le 18 juillet 1825, an xxii[1]. »


Dès que l’acceptation de l’ordonnance du 17 avril eut été un fait consommé, il fallut songer à l’exécuter. Dans les ports d’Haïti, tous les bâtimens français qui s’y trouvaient sous pavillon d’emprunt, arborèrent celui de la France légitimiste ; et tous ceux qui y arrivèrent ensuite ou qui en partirent, ne furent plus assujettis qu’à la moitié des droits établis par la loi des douanes, soit sur les bâtimens eux-mêmes, soit sur les marchandises importées, soit sur les denrées exportées. À la rigueur, l’ordonnance n’ayant stipulé que pour « les ports de la partie française, » le gouvernement haïtien aurait pu ne pas étendre cette faveur aux navires français qui entreraient dans ceux de la partie de l’Est d’Haïti ; mais il ne le fit pas, parce que dans tous ses actes produits en cette circonstance, il s’était attaché à faire entendre à la France, qu’il considérait l’acte royal comme portant « la reconnaissance de l’indépendance de l’île d’Haïti en entier, » qu’il gouvernait en vertu de la constitution nationale et du vœu de tout le peuple.

Il fallut songer aussi à l’exécution de l’ordonnance, en payant le premier terme de l’indemnité dont l’échéance était fixée au 31 décembre de l’année courante, et pour cela, envoyer des agents en France afin d’y contracter un

  1. Extrait de l’ouvrage de M. Lepelletier de Saint-Rémy, comme la lettre précédente en réponse à la note de M. de Mackau. Il est probable que ce fut ce désir manifesté par Boyer d’avoir son portrait, qui porta Charles X à lui en envoyer un autre monte sur une tabatière en or et entouré de diamans.