Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 9.djvu/54

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des hommes du Nord-Est, contemporains de ces deux chefs et qui vivaient encore. Il habitait le canton des Anglais, dans l’arrondissement des Cayes ; mais dès la réunion du Nord, il s’était empressé de se rendre au Cap-Haïtien et dans ses foyers. La proximité de Laxavon et de Monte-Christ, du chef-lieu du Nord, lui fournit l’idée d’entreprendre le commerce de bestiaux avec ces localités, et il alla même jusqu’à Saint-Yague et Puerto-Plate. Hardi, entreprenant autant pour les aventures militaires que pour le commerce, il paraît que dans les premiers momens, Charles Arrieu accueillit le projet de proclamer la partie de l’Est indépendante de la République, à la condition d’y jouer un rôle et de trouver de l’avancement. En même temps, il entretenait des relations avec le commodore Aury et ses capitaines de corsaires qui poussaient cette partie à l’indépendance d’une manière quelconque[1].

Étant au Cap-Haïtien, après avoir expédié l’agent français envoyé auprès de lui, le Président d’Haïti publia un ordre du jour, le 16 mai, où il exprima sa satisfaction du calme qui était revenu dans tous les esprits, de la tranquillité qui régnait dans le Nord. Il y recommanda d’ailleurs aux fonctionnaires publics, tant civils que militaires, de veiller à cet heureux état de choses par l’accomplissement de leurs devoirs, en maintenant une bonne police dans les villes et les campagnes, en encourageant la culture des terres, — le gouvernement ayant encore délivré de nombreux dons nationaux aux officiers et autres militaires de tous grades, — en entretenant la concorde et l’union entre

  1. Voyez ce qu’en a dit B. Inginac dans ses Mémoires, pages 47, 48 et 58. Le 25 mai, Aury entra dans le port du Cap-Haïtien d’où il sortit le 1er juin, pour aller à la rencontre de Boyer, sans doute pour l’entretenir de nouveau des dispositions du Nord-Est à l’indépendance. Nous puisons ce renseignement dans le nº 4 de la Concorde, du 3 juin, publié au Cap-Haïtien.