Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 9.djvu/58

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situation, le nombre des employés étant diminué, parce que plusieurs d’entre eux, qui étaient du Nord ou de l’Artibonite, avaient été placés dans divers autres emplois de ces départemens, leur remplacement à la secrétairerie générale devenait d’une urgente nécessité.

Le Président parut apprécier la proposition de son secrétaire général ; mais en définitive, elle ne fut pas mise à exécution, parce que les raisons d’économie prévalurent sur les besoins réels du moment et les utiles prévisions de l’avenir, peut-être aussi parce que Boyer lui-même n’avait pas conçu cette idée. Inginac ne put même obtenir de lui la nomination d’un archiviste principal et des employés sous ses ordres, dans le moment où il ordonnait que les archives du Nord fussent transportées au Port-au-Prince, lesquelles comprenaient celles des gouvernemens de Dessalines et de Christophe[1].

Boyer n’était pas encore de retour à la capitale, quand il apprit, par le journal officiel du gouvernement — le Télégraphe, — que le trésorier général A. Nau avait désigné, le 21 mai, un de ses chefs de bureau pour exercer provisoirement les fonctions de trésorier particulier de l’arrondissement financier du Port-au-Prince. Ce fonctionnaire n’avait sans doute pris cette mesure qu’avec l’autorisation du secrétaire d’État, et à raison de l’augmentation du travail de la trésorerie générale depuis la réunion du Nord. Mais, comme le Président d’Haïti n’avait pas même été consulté

  1. Voyez ce qu’a dit Inginac à ce sujet, aux pages 78 et 79 de ses Mémoires. Quoiqu’il eu ait parlé a l’année 1827, je suis certain qu’il avait fait sa proposition dès la fin de 1820. C’est alors que J. Granville devint chef des bureaux de la guerre à la secrétairerie générale ; déjà il était substitut du commissaire du gouvernement au tribunal de cassation, et il remplissait en même temps certaines fonctions a la secrétairerie d’Etat : car son activité et sa capacité lui donnaient la facilité de satisfaire à ces divers services. Ce cumul de trois emplois, exercés par Granville, prouvait la nécessité de rechercher des sujets capables et de les employer.