Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/247

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donnais pas le temps de dire : « Kakkân », je te prenais, je te transférais à la porte et je te soutenais moi-même. Et toi, lorsque tu m’étranglais tout à l’heure, criant et hurlant que j’avais envie d’aller, tu n’as pas eu le cœur, scélérat, de me porter dehors, devant la porte, mais tu me serrais la gorge et je fis tout sous moi.


LE CHŒUR.

Je crois que le cœur des jeunes gens palpite du désir d’entendre ce qu’il va dire. Car si un homme qui a fait de pareilles choses, se disculpe en parlant, je n’estimerais pas la peau des vieux même un pois chiche. C’est ton affaire, remueur et lanceur de paroles nouvelles, de chercher la persuasion et de paraître t’exprimer selon la justice.


PHIDIPPIDÈS.

Qu’il est doux de vivre au milieu des nouveautés, des inventions ingénieuses, et de pouvoir mépriser les lois établies ! Et de fait, moi, quand j’avais l’esprit uniquement occupé d’équitation, je n’étais pas capable de dire trois mots sans faire une faute. Mais maintenant que cet homme a mis fin à mes goûts, et que je suis formé aux pensées subtiles, à l’art de la parole et aux méditations, je crois pouvoir prouver que j’ai le droit de châtier mon père.


STREPSIADÈS.

Retourne donc à tes chevaux, de par Zeus ! Mieux vaut pour moi nourrir l’attelage d’un quadrige que d’être battu et broyé.


PHIDIPPIDÈS.

Je reviens au point où tu m’as interrompu, et d’abord je te demanderai ceci : quand j’étais petit, me battais-tu ?