Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/40

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reux ! Je suis perdu ! J’ai oublié une chose dans laquelle se résument toutes mes affaires. Mon petit, mon très doux, mon très cher Euripidès, que je meure de male mort, de te demander encore une seule chose, seule, rien qu’une seule ! Donne-moi du skandix, que tu as reçu de ta mère.


EURIPIDÈS.

Cet homme fait l’insolent : fermez la porte au verrou.





DIKÆOPOLIS.

Ô mon âme, il faut partir sans skandix. Ne sais-tu pas quel grand combat tu vas combattre sans doute, en prenant la parole au sujet des Lakédæmoniens ? Avance, mon âme : voici la carrière. Tu hésites ? N’as-tu pas avalé Euripidès ? Je t’en loue. Voyons, maintenant, pauvre cœur, en avant, offre ensuite ta tête, et dis tout ce qu’il te plaira. Hardi ! Allons ! Marche. Je suis ravi de mon courage.


LE CHŒUR.

Que vas-tu faire ? Que vas-tu dire ? Songe que tu es un résolu, un homme de fer qui livre sa tête à la ville, et qui va, seul, contredire tous les autres.


DEMI-CHŒUR.

Notre homme ne recule pas devant l’entreprise. Allons, maintenant, puisque tu le veux, parle.


DIKÆOPOLIS.

Ne m’en veuillez point, citoyens spectateurs, si, tout pauvre que je suis, je m’adresse aux Athéniens au sujet