Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/39

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EURIPIDÈS.

Va-t’en, maintenant.


DIKÆOPOLIS.

Ah ! donne-moi seulement une petite écuelle à la lèvre ébréchée.


EURIPIDÈS.

Prends, et qu’il t’arrive malheur ! Sache que tu es un fléau pour ma demeure.


DIKÆOPOLIS.

Oh ! par Zeus ! tu ne sais pas tout le mal que tu me fais. Mais, mon très doux Euripidès, plus rien qu’une marmite doublée d’une éponge.


EURIPIDÈS.

Hé, l’homme ! tu m’enlèves une tragédie. Prends et va-t’en.


DIKÆOPOLIS.

Je m’en vais. Cependant que faire ? Il me faut une chose, et, si je ne l’ai pas, c’est fait de moi. Ô très doux Euripidès, donne-moi cela, car je m’en vais pour ne plus revenir. Donne-moi dans mon panier quelques légères feuilles de légumes.


EURIPIDÈS.

Tu me ruines. Tiens, voici ; mais c’en est fait de mes drames.


DIKÆOPOLIS.

C’est fini ; je me retire. Je suis trop importun, je ne songe pas que « je me ferais haïr des rois ». Ah ! malheu-