Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/130

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


plir ce vase à la fontaine, en raison de la foule, du tumulte et du fracas des cruches : bousculée par des servantes et par des esclaves marqués au fer chaud, j’ai enlevé prestement mon urne, et j’en apporte l’eau au secours de mes compagnes exposées au feu.

Car j’entends dire que de vieux radoteurs s’avancent vers la ville, porteurs de grosses branches, comme pour chauffer un bain : c’est un poids de trois talents ; et ils crient, avec d’horribles menaces, qu’il faut rôtir ces femmes abominables. Ô Déesse, fais que je ne les voie jamais brûlées, mais qu’elles délivrent de la guerre et de ses fureurs la Hellas et ses citoyens ! C’est pour cela, Déesse à l’aigrette d’or, protectrice de la Ville, qu’elles occupent ton sanctuaire. Je t’invoque pour alliée, ô Tritogénéia ! Si quelque homme essaie de les brûler, porte de l’eau avec nous.





STRATYLLIS, appelant au secours.

Lâchez-moi ! holà !


LE CHŒUR DES FEMMES.

Qu’est-ce donc, ô les plus méchants des hommes ? Jamais des gens de bien n’eussent agi de la sorte, ni des hommes pieux.


LE CHŒUR DES VIEILLARDS.

C’est qu’il nous arrive une chose tout à fait imprévue. Un essaim de femmes se présente au secours des portes.


LE CHŒUR DES FEMMES.

Vous avez peur de nous ? Est-ce que nous ne vous pa-