Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/137

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LYSISTRATA.

Par les deux Déesses ! vous saurez que nous avons ici de notre côté quatre cohortes de femmes vaillantes et bien équipées.


LE PROBOULOS.

Skythes, attachez-leur les mains au dos !


LYSISTRATA.

Femmes armées pour notre défense, accourez de là dedans, vendeuses de graines, d’œufs et de légumes, vendeuses d’ail, de ragoûts et de pain. Tirez, frappez, arrachez ; couvrez-les d’injures et de honte ! Mais non ; cessez, revenez, ne les dépouillez pas !


LE PROBOULOS.

Hélas ! quelle triste chance pour mes archers !


LYSISTRATA.

Mais quelle était donc ton idée ? Croyais-tu n’avoir affaire qu’à des servantes, ou te figurais-tu que les femmes n’ont pas de cœur ?


LE PROBOULOS.

Hé ! Par Apollôn ! elles n’en ont que trop, surtout si le cabaret est proche.


LE CHŒUR DES VIEILLARDS.

Voilà bien des paroles perdues, ô Proboulos de cette contrée ! Pourquoi entres-tu en pourparlers avec ces animaux ? Ignores-tu dans quel bain elles viennent de nous tremper, nous et nos vêtements, et cela sans lessive ?