Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/136

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LYSISTRATA.

J’en prends Artémis à témoin, s’il me touche du bout du doigt, tout agent public qu’il est, il lui en cuira.


LE PROBOULOS.

Hé ! l’homme ! Tu as peur ? Saisis-la-moi à bras-le-corps. Toi, mets-toi avec lui, et achevez de la lier !


PREMIÈRE FEMME.

Par Pandrosos ! si tu la touches du bout du doigt, je te piétine, et je te fais rendre tripes.


LE PROBOULOS.

Ah ! rendre tripes ! Où est l’autre archer ? Lie d’abord celle-là, qui parle si bien !


LYSISTRATA.

Par Phosphoros ! si tu la touches du bout du doigt, tu demanderas bientôt une ventouse.


LE PROBOULOS.

Qu’est-ce à dire ? Où est l’archer ? Empoigne-la. Ah ! je couperai court, moi, à votre sortie.


PREMIÈRE FEMME.

Par Artémis Taurique ! si tu t’approches d’elle, je t’arrache les cheveux, malgré tes gémissements et tes cris.


LE PROBOULOS.

Malheureux que je suis ! L’archer m’abandonne. Non, jamais nous ne nous laisserons vaincre par des femmes ! Allons, Skythes, marchons contre elles ! Serrez les rangs !