Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/144

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les hommes surexcités se ruent vers le plaisir, la tête droite comme un bâton, je crois que les Hellènes nous donneront désormais le nom de Lysimakès.


LE PROBOULOS.

Et qu’aurez-vous fait ?


LYSISTRATA.

Vous empêcher tout d’abord de courir en armes à l’Agora, comme des forcenés.


UNE FEMME.

Très bien, par Aphroditè de Paphos !


LYSISTRATA.

Et de fait, aujourd’hui, ils se jettent en armes à travers le marché aux marmites et aux légumes, comme des korybantes.


LE PROBOULOS.

De par Zeus ! ainsi doivent agir les braves.


LYSISTRATA.

Certes, n’est-ce pas une chose ridicule, qu’un homme s’arme d’un bouclier et d’une gorgôn pour acheter des coracins ?


UNE FEMME.

De par Zeus ! moi j’ai vu un homme chevelu, un phylarkhonte à cheval, jeter dans son casque d’airain des jaunes d’œufs pris à une vieille. Un autre, un Thrakien, agitant sa pelte et son javelot, comme Tèreus, effrayait une marchande de figues, et avalait les plus mûres.