Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/145

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LE PROBOULOS.

Comment donc pourrez-vous mettre fin à toutes ces affaires troublées et ramener l’ordre dans le pays ?


LYSISTRATA.

Tout simplement.


LE PROBOULOS.

Comment ? Indiquez-le-moi.


LYSISTRATA.

De même que, quand notre fil est embrouillé, nous le prenons de cette façon sur nos fuseaux, et nous le tirons de-ci et de-là, ainsi nous mettrons fin à cette guerre, si on nous le permet, en envoyant de-ci et de-là des légations.


LE PROBOULOS.

Alors, c’est avec de la laine, du fil et des fuseaux, que vous croyez mettre fin aux tristes affaires, pauvres folles ?


LYSISTRATA.

Oui, si vous aviez le moindre sens, c’est d’après notre laine que vous gouverneriez toute votre politique.


LE PROBOULOS.

Comment cela ? Voyons, dis-le.


LYSISTRATA.

Et d’abord, il fallait, comme nous le faisons pour la laine, lavée dans un bassin, afin que le crottin s’en détache, chasser de la ville, à coups de verges, les hommes à tendances perverses, et trier les mauvaises herbes ; puis, ceux qui s’agglomèrent en peloton pour s’emparer des