Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/150

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LE CHŒUR DES FEMMES.

Par les deux Déesses ! si tu m’échauffes, je lâche sur toi ma truie, et j’agirai aujourd’hui de manière que, bien frotté par moi, tu appelles tes concitoyens. Nous aussi, femmes, déshabillons-nous au plus vite, pour exhaler une odeur de femmes, irritées jusqu’à mordre. Qu’un de vous s’avance contre moi, et désormais il ne mangera plus ni ail, ni fèves noires. Tu n’as même qu’à dire un mot d’outrage, ma colère t’accouchera comme l’escarbot l’aigle pondeuse. Et, de fait, je ne me préoccuperai pas de vous tant que vivront près de moi Lampito et Ismènia, la jeune, chère et noble Thèbaine. Nul pouvoir ne prévaudra, fisses-tu sept décrets, misérable, haï de tout le monde et de tes voisins. Hier, célébrant une fête de Hékatè, je voulus faire venir du voisinage une amie de mes enfants, fille honnête et aimable, une anguille de Bœotia : on refusa de me l’envoyer à cause de tes décrets, et vous ne cesserez ces décrets que quand, vous prenant la jambe, on vous aura cassé le cou.





LE CHŒUR DES FEMMES, à Lysistrata.

Ô toi qui présides à notre glorieuse entreprise, pourquoi viens-tu vers moi avec cet air sombre ?


LYSISTRATA.

C’est la conduite de ces méchantes femmes, c’est le caractère féminin qui me fait courir, découragée, de haut en bas.