Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/151

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



LE CHŒUR DES FEMMES.

Que dis-tu ? Que dis-tu ?


LYSISTRATA.

La vérité ! La vérité !


LE CHŒUR DES FEMMES.

Qu’y a-t-il de fâcheux ? Dis-le à tes amies.


LYSISTRATA.

Mais la chose est honteuse à dire et difficile à taire.


LE CHŒUR DES FEMMES.

Ne me cache pas ce qui nous est arrivé de mal.


LYSISTRATA.

Nous sommes en rut, pour tout trancher d’un mot.


LE CHŒUR DES FEMMES.

Ô Zeus !


LYSISTRATA.

À quoi bon invoques-tu Zeus ? La chose est comme elle est. Je ne peux plus les empêcher, moi, de vouloir des hommes : elles s’enfuient. La première que j’ai surprise nettoyait l’issue voisine de l’antre de Pan ; une autre se laissait glisser à l’aide d’une poulie ; celle-ci préparait son évasion ; celle-là, perchée sur un oiseau, songeait à s’abattre sur la maison d’Orsilokhos, lorsque je l’arrêtai hier par les cheveux. Elles forgent tous les prétextes, pour s’en aller d’ici chez elles. Tiens, en voici une qui sort ! Holà ! Où cours-tu ?