Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/154

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DEUXIÈME FEMME.

Pour que les douleurs ne me prennent pas dans l’Akropolis, je ferai mon nid dans ce casque, comme les colombes.


LYSISTRATA.

Que dis-tu ? C’est une défaite : la chose est claire. N’attendras-tu pas ici le cinquième jour des couches ?


DEUXIÈME FEMME.

Mais je ne puis plus dormir dans l’Akropolis depuis que j’ai vu le serpent, qui lui sert de gardien.


PREMIÈRE FEMME.

Et moi, malheureuse, je suis exténuée par les chouettes, dont les cris continuels m’empêchent de dormir.


LYSISTRATA.

Maudites femmes, finissez-en avec vos mensonges. Vous regrettez vos maris, c’est clair. Mais croyez-vous qu’ils ne vous regrettent pas ? Ils passent, je le sais, des nuits cruelles. Mais tenez bon, chères amies ; patientez encore un peu ; un oracle nous promet la victoire, si nous restons unies. Voici cet oracle.


PREMIÈRE FEMME.

Dis-nous ce qu’il dit.


LYSISTRATA.

Silence alors. « Quand les hirondelles, fuyant les huppes, se seront réunies dans un seul lieu, et se seront abstenues de commerce avec les mâles, alors finiront les