Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/29

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LE CHŒUR.

Ea ! Ea ! Trahison ! Sacrilège ! Un ami, nourri avec nous des produits de nos campagnes, a violé nos antiques lois, violé les serments des oiseaux. Il m’a attiré dans un piège, il m’a jeté en proie à une race impie qui, depuis qu’elle existe, m’a déclaré la guerre. Nous aurons, plus tard, une explication avec cet oiseau ; mais il faut commencer par le châtiment de ces deux vieillards et les mettre en pièces.


PISTHÉTÆROS.

C’en est fait de nous !


EVELPIDÈS.

C’est pourtant toi seul qui es la cause de tous les maux qui nous arrivent. Pourquoi m’as-tu amené ici ?


PISTHÉTÆROS.

Afin de t’avoir pour compagnon.


EVELPIDÈS.

Pour me faire pleurer de grands malheurs.


PISTHÉTÆROS.

En vérité, tu radotes absolument. Comment pleureras-tu donc, quand une fois tu auras les deux yeux arrachés ?


LE CHŒUR.

Io ! Io ! En avant, attaque, élance-toi sur l’ennemi, verse le sang, déploie tes ailes de toutes parts, enveloppe-le. Il faut qu’ils gémissent tous les deux et qu’ils servent de pâture à notre bec. Il n’y a ni montagne ombragée, ni