Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/41

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


un assaisonnement doux et gras, puis ils vous arrosent de cette sauce bouillante ainsi que des charognes.


LE CHŒUR.

Homme, tu viens de nous tenir un bien triste, bien triste langage. Combien je déplore la lâcheté de mes pères, qui ne m’ont pas transmis les honneurs légués par leurs ancêtres ! Enfin la divinité et la bonne chance te font venir à moi comme un sauveur. Aussi je te confie mes petits et moi-même en toute sécurité. Mais que faut-il faire ? Dis-le-nous maintenant : car la vie sera sans prix pour nous, si nous ne recouvrons pas, de quelque manière, notre souveraineté.


PISTHÉTÆROS.

Et d’abord mon avis est qu’il y ait une ville des oiseaux, et que tout l’espace circulaire et intermédiaire soit clos de grosses briques cuites comme à Babylôn.


LA HUPPE.

Ô Kébryôn ! ô Porphyriôn ! quel redoutable rempart !


PISTHÉTÆROS.

Ensuite, quand le mur sera élevé, on redemandera l’empire à Zeus ; et, s’il dit qu’il ne veut pas, s’il ne revient pas tout de suite sur sa décision, il faut lui déclarer la guerre sainte et défendre aux dieux de traverser, en vrais libertins, votre domaine, pour descendre coucher avec des Alkmènès, des Alopès, des Sémélès : s’ils y viennent, mettez le scellé sur leurs instruments de plaisir, afin qu’ils n’en aient plus la jouissance. Pour les hommes, je vous engage à leur dépêcher un autre oiseau, qui leur enjoigne de la part des oiseaux, rois du monde, de sacrifier désor-