Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/53

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LES OISEAUX. 43

PISTHÉTÉRUS,

Que tu es simple ! Hé, mon ami, Mercure lui-même ne vole-t-il pas, tout dieu qu'il est? N'a-t-il pas des ailes aussi bien que beaucoup d'autres dieux? La Victoire a deux ailes tout éclatantes d'or. L'Amour en a aussi, et Homère a dit, en parlant d'Iris, qu'elle ressemble à une colombe timide \

LA HUPPE.

Mais Jupiter ne tonnera-t-il point ? Ne lanccra-t-il point sur nous ses foudres ailées ?

PISTHÉTÉRUS.

S'il arrive que les hommes ignorants ne fassent aucun cas de vous, s'ils ne veulent reconnaître pour dieux que les habitants de l'Olympe, il faudra lâcher sur leurs terres un nuage de moineaux pillards, avec ordre de ne pas laisser un seul grain de blé dans les campagnes. Qu'après cela Cérès leur mesure du blé dans leur famine.

LA HUPPE.

J'ose bien jurer qu'elle n'en fera rien. Elle s'en dé- fendra par quelque mauvaise défaite ; vous le verrez.

PISTHÉTÉRUS.

Autre manière de punir les hommes. Une légion de corbeaux, venant tout d'un coup h fondre sur les bœufs qui labourent la terre et sur les moutons paissants, leur crèvera d'abord les yeux. Qu'après cela, Apollon, qui se vante d'être médecin, gagne de l'argent à les guérir; aussi bien aime-t-il à thésauriser.

  • Cette comparaison se trouve dans Ylliade. Mais elle est appliquée

à Junon et à Minerve, et non pas à Iris. Ce qui prouve, observe Rrunck, que nous n'avons pas le texte d'Homère tel qu'il se lisait du temps d'Aristophane.

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