Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1015

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plus que la politique ne doit, encore, une fois, s’occuper du bien en général ; elle ne doit étudier que le bien réel et le meilleur des biens, mais le meilleur relativement à nous.

§ 21. J’ajoute que quand on veut démontrer quelque chose, il faut éviter de se servir d’exemples qui ne soient pas parfaitement clairs. Il faut des exemples évidents pour éclaircir des choses qui ne le sont pas ; il faut des exemples matériels et sensibles pour les choses de l’entendement ; car ces exemples sont bien plus nets ; et voilà pourquoi, quand on prétend expliquer le bien, il ne faut pas parler de l’Idée du bien.

§ 22. Cependant il y a des gens qui s’imaginent que, pour parler dignement du bien, c’est une obligation de parler d’abord de son Idée. Il faut, disent-ils, parler de ce bien qui est le bien par excellence ; or, comme c’est l’essence qui dans chaque genre a ce caractère éminent, ils en concluent que c’est l’Idée du bien