Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1019

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honneur. C’est ainsi que la vertu est quelque chose de très précieux, lorsque, grâce à elle, on devient honnête ; car alors l’homme qui la possède est arrivé à la dignité et à la considération de la vertu.

§ 2. Il y a d’autres biens qui ne sont que louables ; et telles sont encore, par exemple, les vertus ; car la louange est provoquée par les actions qu’elles inspirent. D’autres biens ne sont que de simples puissances et de simples facultés, comme le pouvoir, la richesse, la force, la beauté ; car ce sont là des biens dont également l’homme honnête peut faire un bon usage, et dont le méchant peut se servir fort mal. Et voilà pourquoi je dis que ce ne sont des biens qu’en puissance.

§ 3. Cependant ce sont des biens aussi, parce que chacun d’eux est estimé par l’usage qu’en fait l’homme de bien et non par l’usage qu’en fait le méchant. De plus, les biens de ce genre ne doivent fort souvent leur origine qu’à un effet du hasard qui les produit. La richesse, le pouvoir, n’ont pas d’autre cause fréquemment, non plus que tous les biens qu’on doit mettre au rang de simples puissances.

§ 4. On peut compter encore une dernière et quatrième espèce de biens ; ce sont ceux qui contribuent à maintenir et à faire le bien ; comme, par exemple, la