Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1054

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CHAPITRE XV.

§ 1. L’acte volontaire ne pouvant consister dans une impulsion aveugle, il reste que l’acte volontaire vienne toujours de la pensée ; car, si l’acte involontaire est ce qui a lieu, et par nécessité, et par force, on peut ajouter, comme troisième condition, que c’est ce qui n’a pas lieu avec réflexion et pensée. Les faits nous montrent bien la vérité de ceci. Quand un homme en frappe, on même en tue un autre, ou bien quand il commet quelqu’acte pareil sans aucune préméditation, on dit qu’il l’a fait contre son gré ; et cela prouve que l’on place toujours la volonté dans une pensée préalable.

§ 2. C’est ainsi qu’on raconte qu’une femme ayant donné un philtre à boire à son amant, et l’homme étant mort de ce philtre, elle fut absoute par devant l’Aréopage, où elle avait comparu, et le tribunal l’acquitta sur ce simple motif qu’elle n’avait pas agi avec préméditation. Elle avait donné ce breuvage par affection ; seulement, elle s’était trompée. L’acte ne parut pas volontaire, parce qu’elle n’avait pas donné le philtre