Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/106

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xcvi PRÉFACE.

sa nature de la même famille que ce qui est divin, immortel, et impérissable ; il faut voir ce qu'elle peut devenir, lorsque,"^se livrant tout entière à cette pour- suite, elle s'élève, par ce noble élan, du fond des Sots qui la couvrent aujourd'hui *.

Quand donc l'âme trouve-t-elle la vérité ? N'est-ce pas surtout dans l'acte de la pensée que la réalité se manifeste à elle ? Ne pense-t-elle pas mieux que jamais, lorsqu'elle n'est troublée ni par la vue ni par l'ouïe, ni par la douleur ni par la volupté, et que renfermée en elle-même, et se délivrant, autant que cela lui est possible, de tout commerce avec le corps, elle s'applique directement à ce qui est, aGn de le connaître ? N'est-ce pas alors que l'âme du pliilosoplic méprise le corps, qu'elle le fuit et cherche à être seule avec elle-même? Est-ce par quelque sens cor- porel qu'elle saisit les Idées du bien, du beau, du juste, de la grandeur, de la force, en un mot l'es- sence de toutes les choses ? Est-ce par le moyeu du corps qu'on atteint ce qu'elles ont de plus réel ? Ou bien ne pénètre-t-on pas d'autant plus avant dans ce qu'on veut connaître, qu'on y pense davantage et avec plusde rigueur?

(1) Platon, Phcdon, pag-e 577; Ilippius , 121; lU'pubitqne , liv. X, 273.

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