Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1060

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dans les choses que l’on sait de science certaine. On ne va pas délibérer pour savoir comment il faut écrire le nom d’Archiclès, parce que l’orthographe en est déterminée, et qu’on sait positivement comment il faut l’écrire. Si l’on fait une faute, elle n’est pas dans l’esprit ; elle est uniquement dans l’acte même d’écrire. C’est que dans tous les cas où il ne peut y avoir d’erreur possible pour d’esprit, on ne délibère pas ; et c’est seulement dans les choses où la manière dont elles doivent être n’est pas déterminée exactement, qu’il y a possibilité d’erreur.

§ 11. Mais l’indétermination se trouve dans toutes les choses que l’homme peut faire, et dans toutes celles où la faute peut être double et en deux sens différents. Nous nous trompons donc dans les choses d’action, et par suite également dans les choses qui se rapportent aux vertus. Tout en visant à la vertu, nous nous égarons dans les chemins qui nous sont naturels et ordinaires. La faute alors peut se trouver également et dans l’excès et dans le défaut, et nous pouvons être entraînés à l’un et à l’autre de ces extrêmes par le plaisir ou par la douleur. Le plaisir nous pousse à faire mal, et la douleur nous porte à fuir le devoir et le bien.