Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1076

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ceux que nous appelons des cuistres, des ladres à couper un grain d’anis en deux, des sordides, ne reculant jamais devant les lucres les plus honteux, des chiches, relevant à tout propos leurs moindres dépenses. Toutes ces nuances se rangent sous la dénomination générale de l’avarice; car le mal a une foule d’espèces, tandis que le bien n’en a jamais qu’une. Et, par exemple, la santé est simple, et la maladie a mille formes. De même, la vertu est simple aussi, et le vice est multiple ; et ainsi, tous les gens que nous venons de signaler sont indistinctement blâmables à l’endroit de l’argent.

§ 4. Mais appartient-il à l’homme libéral d’acquérir et d’amasser de l’argent? Ou doit-il négliger ce soin ? Les autres vertus sont dans le même cas que celle-ci ; et ce n’est point, par exemple, au courage de fabriquer des armes, c’est l’objet d’une autre science ; mais c’est au courage de les prendre pour s’en servir. De même encore pour la tempérance et pour les autres vertus sans exception. Ce n’est donc pas non plus à la libéralité d’acquérir de l’argent ; ce soin regarde la science de la richesse ou chrématistique.