Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1075

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


CHAPITRE XXII.

§ 1. La libéralité est le milieu entre la prodigalité et l’avarice, deux passions qui s’appliquent l’une et l’autre à l’argent. Le prodigue est celui qui dépense dans des choses où il ne faut pas dépenser, plus qu’il ne faut et quand il ne faut pas. L’avare, tout au contraire du prodigue, est celui qui ne dépense pas là où il faut dépenser, ni ce qu’il faut, ni quand il faut.

§ 2. Tous les deux sont également blâmables : l’un est dans l’extrême par défaut, l’autre est dans l’extrême par excès. L’homme vraiment libéral, puisqu’il mérite la louange, tient le milieu entre les deux autres ; et le libéral, c’est celui qui dépense aux choses où il faut dépenser, ce qu’il faut et quand il faut.

§ 3. Il y a d’ailleurs plus d’une espèce d’avarice ; et l’on peut distinguer, parmi les gens dénués de toute libéralité,