Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1107

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être su ; et ce domaine s’étend aussi loin que la démonstration et le raisonnement. Quant à la prudence, elle ne s’applique qu’aux choses faisables et pratiques, qu’il y a possibilité de rechercher ou de fuir, et qu’il dépend de nous de faire ou de ne pas faire.

§ 9. Mais dans les choses que l’homme peut produire et où il peut agir, il faut distinguer avec soin, d’une part, ce qui produit; et de l’autre, ce qui agit simplement. Pour ce qui produit, il y a toujours quelqu’autre résultat final outre le fait même de la production. Ainsi, dans l’architecture, qui est destinée à produire la maison, le but spécial qu’elle se propose est la maison, indépendamment de la construction même qui produit cette maison. De même encore pour la menuiserie, et pour tous les arts en général qui tendent à produire quelque chose.

§ 10. Quant aux choses purement pratiques, il n’y a pas d’autre fin que l’action même. Par exemple, quand on - joue de la lyre, on n’a point une autre fin que l’acte même auquel on se livre ; c’est l’acte et le fait seul de jouer qui sont ici la fin qu’on se propose. Ainsi donc, la prudence s’applique à l’action et aux choses de pure action sans résultat ultérieur ; et l’art s’applique à la production et aux choses qu’on produit ; car l’usage de l’art consiste bien plus dans les choses qu’on produit que dans celles où l’on agit simplement.

§ 11. Ainsi, la