Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1108

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prudence est, on peut dire, la faculté qui choisit volontairement, et qui agit dans les choses où il dépend de nous d’agir ou de ne pas agir, et qui toutes en général n’ont que l’utile pour objet.

§ 12. La prudence est une vertu, à ce qu’il me semble ; ce n’est pas une science; car les gens prudents sont dignes de louange ; et la louange ne s’adresse qu’à la vertu. De plus, il peut y avoir vertu dans toute science ; mais il n’y a pas de vertu à proprement parler dans la prudence, parce que la prudence, à mon avis est elle-même la vertu.

§ 13. Quant à l’intelligence, elle s’applique aux principes des choses intelligibles et des êtres. La science ne se rapporte qu’aux choses qui admettent la démonstration ; mais les principes sont indémontrables ; de telle sorte que la science ne s’applique pas aux principes, et que c’est l’intelligence seule ou l’entendement qui s’y applique.

§ 14. La sagesse est un composé de la science et de l’entendement ; car la sagesse est en rapport tout à la fois et avec les principes, et avec les démonstrations, qui sortent des principes et sont l’objet propre de la science. En tant que la sagesse touche aux principes, elle participe de l’entendement ; et en tant qu’elle touche aux choses qui