Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1127

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


les corrompt. Donc évidemment aussi, la vertu, venant à s’accroître et à grandir, pervertira les hommes ; et puisque l’on accorde que la vertu est la cause de la gloire, il faut convenir par suite que la vertu en s’accroissant corrompra les hommes tout autant qu’elle. § lli. jMris ceci n’est-il pas évidemment contraire à la vérité ? Si la vertu produit tant d’autres effets admirables, comme elle en produit réellement, le plus certain sans contredit, c’est qu’à tous ceux qui possèdent ces biens extérieurs et les biens analogues qui peuvent leur survenir, elle en assure un. judicieux usage. L’homme de bien qui ne saurait pas employer comme il faut les honneurs ou le pouvoir considérables qui viendraient à lui écheoir, cesserait par cela même d’être homme de bien. Ainsi donc, ni les honneurs ni le pouvoir ne pourront corrompre l’homme vertueux, non plus que la vertu elle-même. § 15. En résumé, puis que nous avons démontré, au début de cette étude, que les vertus sont des milieux, il s’enfuit que plus la vertu est grande, plus elle est un milieu ; et que la vertu en s’accroissant, loin de rendre les hommes plus mauvais, devra tout au contraire les rendre meilleurs ; car le milieu dont nous parlons est le milieu entre l’excès et le défaut dans les passions qui agitent le cœur de l’homme.

Mais arrêtons-nous ici sur ce sujet.