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136 LA GRANDE MORALE.

tendons étudier, g 22. On demandait un peu plus haut à quoi s'applique spécialement l'inteiupérance. Je réponds. On n'est pas, à proprement parler, intempérant en fait d'honneurs; car celui qui n'a que cette intempérance-là est loué assez généralement, et on ne l'appelle qu'un am- bitieux. Lorsque nous disons d'un homme qu'il est intem- pérant dans ces sortes de choses, nous ajoutons d'ordinaire à l'épithèta d'intempérant le nom de la chose même; et ainsi, nous disons qu'il est intempérant en fait d'hon- neurs, en fait de gloire, en fait de colère. Mais quand nous voulons désigner l'intempérant d'une manière absolue, nous n'avons pas besoin d'ajouter l'indication des choses dans lesquelles il l'est, parce qu'on voit de reste quelles sont les choses où il est intempérant, sans qu'on ait à en ajouter la désignation spéciale. L'intempé- rant, absolument parlant, est intempérant par rapport aux plaisirs et aux souffrances du corps.

§ 23. Voici une autre preuve encore que c'est à cela bien réellement que s'applique l'intempérance. Puisqu'on accorde que l'intempérant est blâmable, les objets de son intempérance doivent être blâmables aussi. Mais les honneurs, la gloire, le pouvoir, les richesses et toutes les choses analogues, dans lesquelles on peut être appelé in- tempérant, ne sont pas blâmables par elles-mêmes. Au contraire, les plaisirs du corps le sont; et c'est avec toute

��lalo à Niconiaque, livre VII, cli, à, § 23. Voici une autre preuve.

S 2, où cette tliéorie est toute pa- Celle autre preuve n'est pas très-

reillc. forte, puisque les plaisirs du corps ne

§22. Unpeu p!u!i fiaut.\o\y (\nn% sont pas essentiellement blâmables,

ce chapitre, § 10. et qu'ils ne le deviennent que par

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