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140 LA GRANDE MORALE.

viciée ? L'intempérant possède un bien admirable , qd est la raison saine et droite, tandis que le dé- bauché ne Ta pas. § 32. La raison du reste est, on peut dire, le principe des vices de l'un et de l'autre. Dans l'intempérant, le principe, qui est la chose vraiment capi- tale, est tout ce qu'il doit être et en excellent état; mais dans le débauché, ce principe est altéré ; et en ce sens, le débauché est au-dessoas de l'intempérant.

§ 33. 11 en est de ces vices comme du vice que nous avons appelé du nom de brutalité, et qu'il faut considérer, non dans la brate elle-même, mais dans l'homme. Car ce nom de brutalité est réservé à la deiiiière dégradation du vice. Et pourquoi ne peut-on pas l'étudier dans la brute ? Par cette cause unique, que le mauvais principe n'est pas dans l'animal, puisque c'est la raison seule qui est le principe. Qui a fait le plus de mal au monde, ou d'un lion, ou d'un Denys, d'un Phalaris, d'un Cléarqiie, ou de tel autre scélérat? N'est-il pas clair que ce sont ces mons- tres? Le mauvais principe, qui est dans l'être, est de la plus grande importance pour le mal qu'il fait; mais il n'y a pas du tout de principe de ce genre dans l'animal. § 34. C'est donc le principe qui est mauvais dans le débauché ; au moment même où il commet des actes coupables, sa raison, d'accord avec sa passion, lui dit qu'il faut faire ce

��cl j'ai tâché de la rendre dan^nia Le mauvais principe. C'est-à-dire le

traduction plus ])récise qu'elle ne principe qui devieut mauvais, et se

l'est dans l'original. corrompt bien qu'il soit bon par sa

§ 33. Du nom de brutalité. Voir nature. — Dcnys, tjran de Sicile,

plus haut, chapitre septième, § 1. — Phalaris. Voir la Morale à Nico-

— Et pourquoi ne peut-on pas... niaque, livre Vil, ch. 5, § 2, la note.

'J ournure un peu déc'aiuatoIiT. — — Clcarquc, Tjrau d'fLracléc du

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