Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1145

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LIVRE II, CH. VIII, § 37. 1^1

qu'il fait, ('/est que le principe qui est en lui n'est pas sain; et à cet égard, l'intempérant pourrait paraître au- dessus du débauché.

g 35. On peut du reste distinguer deux espèces d'intem- pérance. L'une qui entraîne de premier mouvement, sans préméditation, tout instantanée; et par exemple, lorsque nous voyons une belle femme, aussitôt nous ressentons une impression; et par suite de cette impression, surgit en nous le désir instinctif de commettre certains actes que peut-être il ne faudrait pas faire. § 36, L'autre espèce d'intempérance n'est en quelque sorte qu'une faiblesse, parce qu'elle est accompagnée de la raison qui nous dé- tourne d'agir. La première espèce ne semblerait même pas très-digne de blâme, parce qu'elle peut se produire, même dans les cœurs vertueux, c'est-à-dire dans les gens ardents et bien organisés. Mais l'autre ne se produit que dans les tempéraments froids et mélancoliques ; et ceux- là sont blâmables. § 37. Ajoutons que l'on peut toujours, si l'on se prémunit par la raison, arriver à ne rien res- sentir, en se disant que, s'il doit venir une belle femme, il faut se contenir en sa présence. Si l'on sait ainsi prévenir tout danger par la raison, l'intempérant qu'aurait em- porté peut-être une impression imprévue, n'éprouvera et ne fera rien de honteux. Mais, lorsque, malgré la raison

��Pont, fameux par ses cruautés; il sion. Ce n'est pas là de Tintempé-

étuit contemporain d'Aristote et mou- rance à proprement parler.

rut en 352 av. J.-C. § 36. N'est... qu'une faiblesse. VA

% 34. Vintem-pérant pourrait pa- cependant, elle mérite d'après l'au-

raitre. Répétition de ce qui vient tenr moins d'indulgence que l'autre,

'l'être dit, § 37. Ajoutons que l'on peut t(m-

§ 35. Nous ressentons uueimpr es- jours. Observation délicate, et di^ne

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