Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1155

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LIVUK II, CH. IX, ^ 13. 151

les catégories, et que le plaisir ne vient que des biens, il s'en suit que tout plaisir est bon,

§ 12. j\Iais une conséquence qui ressort de ceci non moins évidemment, c'est que les plaisirs sont de diffé- rentes espèces, puisque les catégories, qui renferment le ])laisir, sont différentes entr' elles. Il n'en est pas du tout des plaisirs comme il en est des sciences : la grammaire, par exemple, ou telle autre. Si Lamprus possède la gram- maire, il sera grammairien, par cette seule connaissance de la grammaire, absolument comme l'est toute autre per- sonne qui la possède aussi, puisqu'il n'y a pas deux grammaires différentes, l'une dans Lamprus, et l'autre dans liée. Mais il n'en va pas de même pour le plaisir-, et ainsi, le plaisir qui vient de l'ivresse, et celui que procure l'amour, ne sont pas identiques ; et voiLà pourquoi les plaisirs semblent de plusieurs espèces différentes.

§ 13. D'un autre côté, de ce qu'il y a des plaisirs qui sont mauvais, les philosophes dont nous parlions en con- cluaient que le plaisir n'est pas un bien. Mais cette con- dition et cette remarque ne sont pas spéciales au plaisir; elles s'appliquent en outre à la nature tout entière et à la science. La nature ne se fait pas faute d'être parfois mau-

��$ 18. — Que tout plaisir csl bon. Cette com araison ne sert pas beau- Conséquence exagérée , qu'Aristote coup à éclaircir la pensée. — L'i- n'aduiet pas danr> la Morale à Nico- t'/"ess<'... L'fl?noît»'. Ce rapprochement uiaque. Mais peut-être faut-il en- en dit beaucoup plus ; et il suffit, tendre cette théorie avec la restric- § 13. Les philosophes dont nous tion qu'on vient d'exprimer un peu parlions. l,e texte n'est pas aussi plus haut : «Tout plaisir, qui ac- précis; il dit simplement : « à eux. «  compagne lis actes du bien, est II s'agit sa"ns doute des philosophes bon. » Cyniques, qui avaient grande réputa- § 1 2. La 'jrammairc par exemple, lion au temps d'Aristotc.

�� �