Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1174

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


170 LA. GRANDE MORALE.

pas aller plus loin, et qu'il réponde : « Si vous n'avez )) pas à part vous le sentiment et la perception de ces » choses, je n'y puis rien faire. » § 5. Le même dialogue peut exactement s'appliquer dans une foule de circons- tances semblables ; et c'est absolument ainsi qu'on peut acquérir la connaissance des passions ; il faut soi-même contribuer pour sa part à les observer en les sentant. ^ 6, On peut encore se poser une autre question, et de- mander aussi ; (( Mais quand je saurai cela, en effet serai-je )) heureux? » C'est là du moins en général ce qu'on croit ; mais c'est une erreur. Il n'y a pas une seule science qui donne non plus à celui qui la possède l'usage et la pra- tique actuelle et effective de son objet particulier ; elle ne lui donne que la faculté de s'en servir. Ici non plus, savoir ces choses n'en donne pas l'usage, puisque le bonheur, avons-nous dit, est un acte. Cela n'en donne que la simple faculté ; et le bonheur ne consiste pas à connaître de quels éléments le bonheur se compose ; il consisté seu- lement à se servir de ces éléments.

§ 7. Mais ce n'est pas le but du présent traité d'ensei- gner l'usage et la pratique de ces choses ; et encore une fois, aucune autre science, pas plus que celle-ci, ne donne l'usage direct des choses ; elle ne donne jamais que la faculté d'en user.

��§ 5. Le même dialogue. Le texte Avons-nous dit. Plus haut, livre I,

dit simplement : « le même raisonne- ch. li, § 6.

ment. » § 7. L'usage et la pratique de ces

§ 6. Et demander aussi. La ques- clioses. Dans la Morale à Nicomaque

lion paraît un peu naïve. — La au contraire, le but que se propose

pratique actuelle et effective. Le Aristote est tout pratique, livre I,

texte dit simplement : « l'acte ». — ch. 3, § 13; cl livre X, cii. 10, § 7,

�� �