Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1216

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doit tendre toute cette étude, à savoir de connaître les moyens [10] de s'assurer une existence bonne et belle, si l'on ne veut pas dire parfaitement heureuse, mot qui peut sembler trop ambitieux ; et de satisfaire l'espérance qu'on peut avoir, dans toutes les occasions de la vie, de ne faire que des choses honnêtes.

§ 5. Si l'on ne fait du bonheur que le résultat du hasard ou de la nature, il faut que la plus grande partie des hommes y renoncent ; car alors l'acquisition du bonheur ne dépend plus des soins de l'homme; il ne relève plus de lui ;[15] l'homme n'a plus à s'en occuper lui-même. Si au contraire on admet que les qualités et les actes de l'individu peuvent décider de son bonheur, dès lors, il devient un bien plus commun parmi les hommes ; et même un bien plus divin ; plus commun, parce qu'un plus grand nombre pourront l'obtenir ; plus divin, parce qu'il sera la récompense des efforts que les individus auront faits pour acquérir certaines qualités, et le prix des actions qu'ils auront accomplies dans ce but.

Chapitre 4