Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1236

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en soi. Il est vrai qu'on ajoute au mot de bien le mot,«  lui-même » , ou«  en soi » ; et qu'on dit, le bien en soi, le bien lui-même. Et c'est une addition pour représenter la notion commune. Mais que peut signifier cette addition , si elle ne veut pas dire que le bien en soi est éternel et séparé ? Mais ce qui est blanc pendant plusieurs jours n'est pas plus blanc que ce qui l'est durant un seul jour; et l'on ne peut pas davantage confondre le bien qui est commun [15] à une multitude de termes, avec l'Idée du bien; car l'attribut commun appartient à tous les termes sans exception.

§ 12. En admettant cette théorie, il faudrait du moins démontrer le bien en soi tout autrement qu'on ne l'a démontré de notre temps. C'est en partant de choses dont on` ne convient pas du tout qu'elles soient des biens, qu'on démontre des biens sur lesquels tout le monde est d'accord ; et, par exemple, on démontre à l'aide des nombres que la santé et la justice sont des biens. [20] On prend pour cette démonstrations des séries numériques et des nombres, en supposant gratuitement