Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1238

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les êtres sans exception désirent un seul et même bien. Chacun des êtres ne désirent tout an plus que le bien qui leur est propre, comme l' oeil désire la vision, comme le corps désire la santé, et comme tel autre être désire tel autre bien.

§ 16. Voilà les objections qu'on pourrait élever pour faire voir que le bien en soi n'existe pas, et qu'existât-il, il ne serait pas le moins du monde utile à la politique ; car la politique poursuit un bien qui [35] lui est spécial, comme toutes les autres sciences poursuivent aussi le leur; et, par exemple, c'est la santé et la force corporelle que poursuit la gymnastique.

§ 17. Ajoutez encore ce qui est exprimé, ce qui est écrit dans la définition même, à savoir que cette Idée du bien en soi, ou n'est utile à aucune science, ou bien qu'elle doit l'être à toutes également.

§ 18. Une autre critique, c'est que l'idée du bien en soi n'est point pratique et applicable. Par la même raison, le