Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1239

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


bien commun n'est pas le bien en soi, [1218b] puisque alors le bien en soi se trouverait dans le bien le plus futile. Il n'est pas non plus applicable et pratique ; ainsi, la médecine ne s'occupe pas de donner à l'être qu'elle soigne une disposition qu'ont tous les êtres ; elle s'occupe uniquement de lui donner la santé ; et tous les autres arts agissent comme elle.

§ 19. Mais ce mot de bien a beaucoup de sens ; et dans le bien, il y a aussi le beau [5] et l'honnête, qui est essentiellement pratique, tandis que le bien eu soi ne l'est pas. Le bien pratique est celui qui est la cause finale pour laquelle on agit. Mais on ne voit pas assez évidemment quel bien il peut y avoir dans les choses immobiles, puisque l'Idée du bien n'est pas le bien même qu'on cherche, non plus que le bien commun. Le premier est immobile, et n' est pas pratique ; l'autre est mobile, mais il n'est pas plus pratique pour cela.

§ 20. Le but en vue [10] duquel on fait tout le reste, est, en tant que fin, le bien suprême ; il est la cause de tous les autres biens classés au-dessous de lui, et il leur est antérieur à tous. Par conséquent,