Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1277

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LIVRE II, Cil. VII, § 10. 273

le tempérant agira bien, et même on peut dire qu'il agira mieux que l'intempérant; caria tempérance est une vertu, et la vertu rend les hommes d'autant meilleurs. Il fail acte de tempérance, f[uandil agit suivant sa raison contre son désir. De là, une contradiction nouvelle ; car si se bien conduire est volontaire tout comme se mal conduire, et l'on ne peut nier que ces deux choses ne soient parfai- tement volontaires, ou que du moins, l'une étant volon- taire, il ne faille nécessairement que l'autre le soit aussi ; il s'en suit que ce qui est contre le désir est volontaire; et alors le même homme fera une même chose tout à la fois et volontairement et contre sa volonté.

§ 9. Même raisonnement pour le cœur et pour la co- lère , puisqu'il semble bien aussi qu'il y a tempérance et intempérance de cœur comme il y en a pour le désir. Or, ce qui est contre le sentiment du cœur est toujours pé- nible ; et le retenir, c'est toujours se forcer. Par consé- quent, si tout acte forcé est involontaire, il en résulte que tout ce qui est suivant le cœur est volontaire. Heraclite semblait regarder à cette puissance presqu irrésistible du cœur, quand il a dit que le dompter est chose bien pénible :

« Ce fier cœur qui toujours met la vie en enjeu. »

§ 10. Mais s'il est impossible d'agir volontairement et involontairement dans le même moment, et pour la même

��§ 8. De In une contradiction non- le texte. — Heraclite. Voir la Mo-

velle. Même remarque. raie à Nicoiiiuque, où cette même

§ 9. Pour le cœur et pour la citation se retrouve, livre II, ch, 2,

colère. Il n'} a qu'un seul mol dans ^ 10,

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