Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/136

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(xxvi in\ÉFACE.

réalise autant que le permet sa faiblesse, en faisant le bien, uniquement parce qu'il est le bien , et qu'il fait remonter jusqu'à Dieu, quand il veut savoir d'où viennent les échos de sa conscience.

La connaissance du bien en soi n'est donc pas aussi futile qu'Ârislole veut bien se le persuader. Sans doute elle ne peut pas servir, comme il le lui reproche ironiquement, à donner au tisserand, au maçon, au général, au médecin plus d'habileté dans leur art spécial, ^lais elle est indispensable à l'homme pour savoir quelle est la loi morale qui doit le régir et d'oii elle vient. H n'y aurait plus qu'à déclarer que le médecin, le général, le maçon et le tisserand ne sont pas des hommes. 11 faut estimer certainement très- haut les services qu'ils rendent à la société. Mais la philosophie, qui ne connaît point toîites ces distinc- tions superficielles, croit qu'elle doit s'occuper beau- coup plus de leur vertu que de leur fortune; et voilà pourquoi elle leur conseille, non point comme artistes, mais comme hommes, de penser au bien en soi, qui tient à leur insu beaucoup plus de place dans leur vie que les arts qui les font vivre.

Kanl prétend que les Écoles grecques Jie purent jamais résoudre leur problème de la possibilité pra- tique du souverain bien, parce que s'en tenant à

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