Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/137

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PUEFACK. nwvii

l'usage que riioiiimc fait de sa libre volonté, elles croyaient, dit-il, « n'avoir pas besoin en cela de )' Texistencc de Dieu ^ » On voit combien le reproche sérail injuste et faux, si on l'appliquait à Platon. Mais il n'est que trop vrai si Kant entend parler d'Aristole. Il a mal résolu la question du souverain bien ; et il n'y a fait intervenir Dieu à aucun degré, si ce n'est de cette intervention obscure qu'on appelle le hasard, dans la distribution des biens extérieurs. Mais ce n'est pas précisément parce qu'Aristote se passe de Dieu qu'il résout mal le problème ; c'est parce qu'il confond le bien et le bonheur, tout dis- tincts qu'ils sont, et qu'il communique à l'un, qui devrait être immuable et absolu, toute la caducité et l'inconsistance de l'autre.

Je viens de signaler une erreur capitale dans le système d'Aristote; et je ne me suis pas fait faute de montrer tout ce qu'elle avait de déplorable. Mais celte erreur n'a pas eu toutes les conséquences dé- sastreuses qu'elle pouvait avoir; et elle s'est trouvée corrigée par l'âme élevée du philosophe, comme celle que je reprochais à Platon sur la liberté.

��(1) Kant, Criliquc de la raison pratique, livre If, ch. 5, p. 3oG. traduction de M. ISarni.

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