Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1371

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\À\\\V: VIT, en. II, s 8. 3ti7

du vinaigre ; mais c'est le vin ([ni plaît le pins à inic sen- sibilité qni n'est point énioussée ni pervertie.

§ 0. Les choses de l'àme sont tout à fait dans le même cas. Les choses qui la charment vraiment ne sont pas celles qui plaisent aux enfants et aux bctes; ce sont celles qui plaisent aux hommes faits et bien organisés ; et c'est en nous rappelant ces deux points que nous discernons et choisissons les choses moralement agréables. § 7. Mais ce que l'enfant et la bête sont à l'homme fait et bien orga- nisé, le méchant et l'insensé le sont au sage et à l'honnête homme. Or, ces deux derniers ne se plaisent que dans les choses conformes à leurs facultés ; et ce sont les choses bonnes et belles. § 8. Mais ce mot de bien peut être pris en plusieurs sens ; et nous disons d'une chose qu'elle est bonne parce qu'elle l'est en effet; nous le disons de telle autre parce qu'elle est utile et profitable. De même, nous distinguons encore l'agréable qui peut être absolument agréable'et absolument bon, de l'agréable qui peut no l'être qu'à certains égards ou n'être en quelque sorte qa'un bien apparent. Tout de même que pour les êtres inanimés nous pouvons les rechercher et les préférer pour ces divers motifs, tout de même aussi pour l'homme, nous aimons l'un parce qu'il est ce qu'il est et à cause de sa vertu ; l'autre, parce qu'il nous est utile et serviable ; enfin, nous aimons celui-là par plaisir, et uniquement parce

��§6. Qui plaùt ni aux hommes... § 7. Le méchant et l'inseusc.

bien organisés. La mesure n'est peut- Comparaison ingénieuse et vraie,

être pas très-sûre; et il faudrait § 8. Pris en plusieurs sens. Et

y ajouter l'autorité supérieure et ces nuances de langage méritent

décisive de la raison. qu'on les distingue, parce qu'elles

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