Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1409

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LIVRE Vil, CH. VII, § h. 405

l'amitié véritable, s'adresse non pas à celui qui la ressent, mais à celui pour qui on l'éprouve. D'autre part, si la bienveillance se confondait avec l'amitié par plaisir, on éprouverait de la bienveillance même pour des choses inanimées, (loncluons donc évidemment que la bien- veillance se rapporte à l'amitié morale. § 3. Du reste, l'homme bienveillant ne fait pas plus que vouloir, tandis que l'ami doit aller jusqu'à faire en réalité le bien qu'il veut ; car la bienveillance n'est que le commencement de l'amitié. Tout ami est nécessairement bienveillant; mais tout cœur bienveillant n'est pas un cœur ami. L'homme bienveillant ne fait guère que commencer à aimer; et voilà pourquoi l'on dit de la bienveillance, je le répète, qu'elle est le commencement de l'amitié. Mais ce n'est pas encore de l'amitié.

§ h. Les amis semblent être dans un parfait accord, tout aussi bien que ceux qui sont d'accord entr'eux semblent être des amis. Mais la concorde, tout amicale qu'elle peut être, ne s'étend pas à tout indistinctement ; elle s'étend seulement aux choses que doivent faire de concert les gens qui sont ainsi de bon accord, et à tout ce qui concerne leur vie commune. Ce n'est même pas

��Morale ù Nicomaque. — De la bien- Le mot seul dans iiolie langue suilit

veillance même pour des choses à exprimer celle nuance; il n'en est

inanimées. Puisqu'on peut aimer pas tout à fait de même en grec. —

les choses, en ce sens qu'elles vous Que commencer^ à aimer. Répétition

font plaisir. ■ — A l'amiiié morale, de ce qui vient d'être dit. — Je le

Expression remarquable, pour dis- répète. J'ai ajouté ces mots pour

linguer la véritable amitié des amitiés atténuer celle répétition ù quelques

secondaires et fausses. lignes de distance. Ces intercalations

§3. Ne fait pas plus que vouloir, m'ont paru nécessaires.

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