Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/141

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chacun de nous, par les actes qu’il répète, d’accroître ou d’étouffer ces germes bons ou mauvais. Les choses de nature ne changent pas; et la pierre, qui a la propriété naturelle de tomber par sa pesanteur, fût-elle lancée mille fois en l’air, ne prendra jamais l’habitude d’y monter. L’homme, au contraire, qui n’est pas soumis aux lois immuables de la matière, peut changer ses habitudes à son gré; et plus il fera souvent une chose, plus il apprendra à la bien faire. De là, dans l’éducation, l’importance décisive d’inculquer, dès le début, à l’en faut de bonnes habitudes, qu’il puisse continuer durant le reste de sa vie, et de lui apprendre, dès son âge le plus tendre, comme le veut si bien Platon, où il doit placer ses joies et ses peines; car c’est en observant ce que nous causent de plaisir ou de douleur les actes de vertu, que nous pourrons juger des progrès que nous aurons faits dans la route du devoir.

Trois conditions sont requises pour qu’une action soit réellemçnt vertueuse : d’abord, il faut que celui qui l’accomplit sache bien ce qu’il fait ; en second lieu, il faut qu’il la veuille par un choix réfléchi et désintéressé; et enfin qu’il agisse avec la résolution inébranlable de ne jamais faire autrement. De ces trois conditions, la première, à laquelle Socrate et