Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1455

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LIVRE VIT, CH. XIV, § 11. Zi51

favorise, ne sont pas vraiment favorisés par le hasard ; ils ne lui doivent rien en réalité ; et l'on ne doit attribuer au hasard que les biens dont en effet un heureux hasard est la seule cause. De là, faut-il conclure qu'il n'y a pas de hasard du tout dans les choses humaines? Ou bien, que s'il y en a, il n'est absolument cause de quoi que ce soit? Non, sans doute. Nécessairement, le hasard existe ; et il est nécessairement cause de certaines choses. Tout ce qu'il faut dire, c'est qu'il est pour certaines gens une cause de bien ou une cause de mal.

§ 10. Si l'on veut supprimer complètement l'influence du hasard et soutenir qu'il ne fait rien dans ce monde, et que c'est parce que nous ne voyons pas une autre cause, toute réelle qu'elle est, que nous attribuons au hasard le fait que nous ne pouvons comprendre, on peut alors définir le hasard une cause dont la raison se dérobe à la raison humaine ; et l'on en fait ainsi, en quelque sorte, une véritable nature. Dès-lors, une autre question s'élève d'après cette hypothèse même ; et l'on peut demander: si le hasard a favorisé ces gens une première fois, pourquoi ne dirait-on pas que c'est lui qui les favorise encore une autre, puisqu'ils ont également prospéré ? Un même succès devrait avoir une même cause. § 11. Le succès pour eux ne viendra donc pas de la fortune, si ce n'est quand

��— Il n'est absolument cause de quoi pensée n'est pas suffisamment iléve-

qucce soil. Ce serait alors nier l'exis- loppée, ni assez claire, tence du hasard. § ii. Ne viendra doue pas de la

§ 10. Dont la l'aison se dérobe à fortune. Sans douie, parce que dans

la raison. Cette répétition est dans ce cas ce ne serait plus du hasard,

le te.\(e. — La cause pourtant... La puisqu'il y aurait dans les phéno-

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