Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1454

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


libO MORALE A EUDÈME.

pilote exxellent. § 7. J'avoue qu'on peut s'étonner h hou droit que Dieu ou le destin aime un homme de cette sorte, plutôt que l'homme le plus honnête et le plus prudent. Mais, si, pour que les imprudents réussissent, il faut né- cessairement, ou la nature, ou l'intelligence, o^ une pro- tection étrangère, et que ce ne soit aucune de ces deux dernières influences, il reste que ce soit la nature seule qui fasse le bonheur de ces gens-là. § 8. Or, la nature est la cause de cette suite de phénomènes qui arrivent toujours de la même façon, ou qui du moins arrivent le plus ordinairement de telle façon plutôt que de telle autre. Mais le hasard est précisément tout le contraire ; et quand on réussit contre toute raison, c'est au hasard qu'on l'attribue. Puisque c'est le hasard seul qui vous favorise, on ne peut plus rapporter votre bonheur à cette cause qui produit des phénomènes immuables, ou du moins, les phénomènes les plus ordinaires et les plus constants. § 9. D'autre part, si l'on réussit parce qu'on est organisé de telle manière, de même que celui qui a les yeux bleus n'a pas en général une vue perçante , alors ce n'est plus le hasard qui est cause de votre bonheur ; c'est la nature; et il faut dire, non pas que le hasard, mais que la nature, vous a favorisé. Par conséquent, il faut avouer que les gens dont on dit que le hasard les

��S 7. J'avoue qu'on peut x'ctonnrr. h la nature ces heureux harards

Ri-llej.ion trî-s sen«ée. dont quelques hommes sont favorisés.

g 8. La nature est la cause. Ces § 9. C elui qui a les yeux bleus.

principes sont ceux qu"'Aristote sou- Avec la reslriclion indiquée ici, cetîe

lient dans tous ses ouvrages. — On observation physiologique peut êlre

ne peut plus l'apporter. Un peu plus vraie. « Kn général », les yeux bleus

loin cepeudant, Tauteur rapportera voient moins loin que les yeux noirs.

�� �