Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1458

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A5/i M011AÎ.E A EUDÈME.

dent. Il est vrai ({iie, d'autres fois, c'est le désir également qui a inspiré le calcul, et qu'on n'en a pas moins échoué. § 16. Mais, dans les autres cas, comment peut-on admettre que le succès tienne uniquement à l' heureuse direction que la nature a donnée à l'instinct et au désir? Si tantôt le bonheur et le hasard sont deux choses difl'érentes, et que tantôt ils se confondent , il faut admettre qu'il y a plusieurs genres de succès.

§17. Mais, comme on voit chaque jour des gens réussir contre toutes les règles de la science, et contre les prévi- sions les plus raisonnables, il faut bien supposer qu'il y a une autre cause à leur prospérité. Est-ce ou n'est-ce pas ce qu'on appelle du bonheur, une faveur de la fortune, lorsque le raisonnement de l'homme n'a désiré que ce qu'il fallait désirer, et au moment où il le fallait? Le succès, dans ce cas, ne saurait être pris pour une faveur; car le calcul qu'on a fait n'a pas été du tout dénué de raison; le désir n'a pas été purement naturel ; et si l'on ne réussit point, c'est que quelque cause vient vous faire échouer. § 18. Si l'on croit devoir attribuer le succès à la fortune, c'est qu'on rapporte à la fortune tout ce qui se passe contre les lois de la raison; et ce succès, en particu- lier, était contre les règles de la science, et contre le cours

��rendre la pensée plus claire. — qui vient d'élre dit un peu plus haut.

Sauvé ^imprudent. Le texte n'est — Du bonheur, une faveur de la

pas tout à fait aussi précis. fortune. Il n'y a qu'un mot dans le

§ 16. Comment peut-on admettre, texte ; je l'ai paraphrasé. • — Purc-

l'cnsée obscure el incouipléleuient ment naturel. En ce sens qu'il n'a

rendue. point été isolé, et que la raison l'ap-

$ 17. Réussir contre toutes les prouvait en le guidant. Mais il semble

règles du calcul. Répétlliou de ce qu'il n'est pas moins naturel.

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