Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/147

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PRÉFACE. cwxvn

haut pour s'en rendre raison. Il n'a pas vu davan- tage que la liberté de nos actes eniraîne la responsa- bilité au-delà de celte vie, et que l'exercice de cette faculté admirable suppose nécessaircîuent un juge suprême qui doit eu apprécier l'usaiçe. Le phi- losophe s'en est tenu au phénomène incontestable que la conscience nous atteste, sans vouloir en sonder l'origine, ni essayer d'ey démêler la fin. C'est une timidité trop grande; et celle réticence, qui passe peut-être pour prudente auprès de quelques esprits, n'est sans doute qu'un aveu déguisé de doute ou d'in- différence. Mais la science morale a plus de portée qu'Aristote ne lui eu accorde ; et elle ne sort pas du domaine qui lui est propre en allant de la liberté, qu'elle étudie dans l'homme, à Dieu qui nous l'a donnée, et qui en reste le jugo comme il en est le législateur. On comprend sans peine comment les Ihéories du philosophe sur la nature de l'âme ne lui ont permis de découvrir ni la cause de la liberté ni son but. Riais il ne serait pas très-juste d'in- sister sur ces lacunes; et je crois préférable de louer dans Aristole cet essai, qui est fort heureux, tout incomplet qu'il est. Ce n'était peut-être pas très- conséquent dans son système de proclamer si haute- ment la liberté, qui suppose dans l'âme humaine un

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