Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/148

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(wwiii PREFACE.

élément enlièremenl différent de tous ceux, qu'il y trouve; mais il faut d'autant plus admirer cette con- tradiction qu'elle est plus frappante.

J'en arrive sur les pas même d'Aristote à celte partie de sa morale où il excelle. Ce sont les analyses des vertus particulières, ou plutôt les portraits. Sous ce rapport, je ne lui connais point d'égal ni dans Tliéophraste, son élève, inspiré par lui, ni dans La Bruyère, inspiré par tous deux, en même temps que par le xvii^ siècle. Les esquisses de Tliéophraste sont un peu mesquines, et La Bruyère tourne trop à la satyre en peignant la société qui l'entoure. 11 fait de l'histoire en miniature plutôt que de la morale ; il circonscrit son cadre pour le rendre plus brillant. Mais la science ne s'arrange pas de ces calculs un peu trop littéraires; et ce qu'elle demande avant tout, c'est la peinture de l'homme, bien plutôt que celle d'un siècle, tout grand qu'il est, ou d'une société quelles qu'en soient la politesse et l'élégance. Les portraits d'Aristote n'ont rien qui sente l'époque ni la nation pour laquelle ils ont été tracés. Us repré- sentent la nature humaine dans ce qu'elle a de plus général et de plus permanent; et comme ce ne sont pas là des couleurs qui changent, il en résulte que les tableaux du philosophe sont aussi frais que s'ils

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