Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/15

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ciers n’étaient donc pas perdus. Pourquoi les siens, qui les accroissaient encore de toute la puissance de son génie, devaient-ils l’être davantage ? Si Pythagore, Socrate, Platon avaient été si utiles à Aristote, comment Aristote ne pourrait-il pas à son tour l’être également à d’autres ? Il ne savait pas qu’il serait un jour l’instituteur de l’esprit humain, comme il l’avait été du fils de Philippe. Mais c’était méconnaître son propre mérite que de croire qu’il resterait infécond. Je passé qu’il connaissait si bien lui devait répondre de l’avenir, auquel du reste il s’en remettait quelquefois pour compléter « les esquisses » qu’il essayait de tracer.

Si la science morale est condamnée à ne s’adresser qu’à quelques-uns, elle n’est pas en cela plus mal partagée que toutes les autres sciences. Les moins hautes et les plus simples ne parlent jamais non plus qu’au petit nombre. Bien qu’accessible à tous, la science en général n’en reste pas moins un privilège assez limité, dont la plupart des hommes sont exclus par les causes les plus diverses. La science morale ne lait pas exception. Par sa nature, elle peut être comprise de tout le monde ; par son importance, elle devrait être cultivée plus que toute autre ; par les sujets qu’elle traite, elle devrait charmer autant