Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/152

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concerne rt la fois les personnes el les choses, et ensuite qu'elle est une égalité proportionnelle. Pour que la justice distributive et politique soit tout ce qu'elle doit être, il faut qu'elle établisse entre les personnes qu'elle concerne deux à deux , et les choses qu'elle leur répartit, une proportion dont les quatre termes s'enchaînent mutuellement comme ceux d'une proportion géométrique, comparaison fort exacte quoiqu'un peu recherchée. Les droits politiques doivent être enlr'eux comme le sont les personnes ; et l'égalité absolue, qui consisterait à donner une portion identique aux individus les plus différents, serait à la fois une chimère et un danger. Elle compromettrait le repos, l'ordre et l'existence même de la société trop peu intelligente qui pour- suivrait ce fantôme. Sans doute, tous les citoyens doivent être égaux, en tant que citoyens. Mais il faut que la constitution laisse aux facultés diverses des individus leur jeu naturel ; et alors tout se classe harmonieusement selon le mérite* Personne n'a le droit de se plaindre ; car chacun a le sort qu'il s'est fait ; et la raison veut que les honneurs et les ri- chesses, avec leurs privilèges, aillent à qui les a gagnés.

Dans la justice légale ou réparatrice, il n'y a plus

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