Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/151

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de la justice et celle de ramilié. Platon les avait esquissées l'une et l'autre ; mais le disciple les a imnienscment développées; et l'on peut presque dire qu'elles sont épuisées par lui.

Je crois qu'on peut lui attribuer la gloire d'avoir le premier nettement distingué les deux faces prin- cipales de la'justice: l'une, qui s'appelle la justice politique, et l'autre, la justice légale; la première, qui régie entre les membres d'une même société la distribution des droits» des richesses et des hon- neurs ; la seconde, qui répare au nom de la puis- sance sociale le dommage fait à un citoyen par un autre citoyen. La distinction est profonde, et elle est tellement réelle qu'on peut la retrouver sous les formes les plus diverses dans toutes les sociétés sans aucune exception. Chez les nations modernes les plus civilisées, le besoin s'en est fait tellement sentir que les deux espèces de justice sont réglées dans des contrats séparés et solennels. Tandis que les garan- ties de la justice politique sont déposées dans la Constitution, les prescriptions de la justice légale le sont dans des lois spéciales.

Avec une pénétration qui n'a été surpassée par personne, Aristote a reconnu à la justice distribu- tive ces deux caractères essentiels : d'abord qu'elle

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